AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé

tick tock, who's there ? well, this is hell for sure !






Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Dim 12 Aoû - 9:16



Soprane & Shadow
© Never-Utopia ~ Little-luna & Avatarzan

C’est l’heure de la fameuse visite que je n’ai de cesse de repousser depuis quelques jours. A moins que ce ne soit quelques semaines… Le temps passe vite quand on s’amuse comme un petit fou. J’ôte ma chemise et jette un regard dans mon miroir. Je m’approche et compte les cicatrices qui paraissent fraîches. Sept. Trois sur le torse, deux sur mon épaule droite, une dans la saignée de mon coude gauche et une dernière sur mon bas-ventre. On pourrait dire une semaine alors. Une pour chaque jour. Attendez… une semaine compte bien sept jours n’est-ce-pas? Je n’en suis plus si certain maintenant. Et puis de toute façon on n’en a rien à faire. Du temps a passé, je me suis bien amusé avec apparemment sept sbires de la reine blanche et c’est maintenant l’heure de régler les affaires urgentes. C’est drôle j’ai comme une sensation de déjà vu… Comme si j’ai déjà pris cette décision hier. Ou le jour d’avant. Ou même… celui encore d’avant. Ce qui est probable. J’ai tendance à occulter mes responsabilités quand je croise une jolie femme. C’est toujours drôle de séduire et de flirter. C’est encore plus drôle de voir leurs yeux écarquillés quand elles voient leur propre sang gicler et qu’elles comprennent qu’elles vont y passer. Mais le mieux, c’est quand elles sont à ma merci, que mes mains rouges de leur hémoglobine enserrent leur cou et qu’elles essaient d’hurler désespérément en espérant que quelqu’un d’autre les entende et ne vienne les sauver. Ce qui bien entendu ne se produit jamais. Aujourd’hui, c’est décidé. Je me rends au domaine du Sad Hatter et j’accomplis mon devoir. Je m’assure que personne ne tire de conclusions hâtives et blâme mon peuple pour ce soi-disant assassinat. De toute manière j’en suis certain il s’est lui-même fait sauter la cervelle avec une clockwork bomb égarée. Ce n’est pas de ma faute si une de mes cartes l’a laissé tomber par mégarde si ? Peut-être. Je devrais mettre au point de nouvelles règles pour qu’elles soient vigilantes. Je boutonne à nouveau ma chemise, cachant ainsi mon corps couvert de cicatrices. Ou pas. Tout est bon à prendre, et avec un peu de chance le prochain à se faire exploser par mégarde sera un soldat du royaume blanc.

Je quitte mon château et descend pour traverser mon second domaine. Je décide de ne pas prendre le temps d’observer la décoration aux alentours, quand bien même je peux passer des heures dans ces couloirs. A m’imprégner du lieu, de sa signification. A toucher de mes doigts le travail fantastique qu’ont accompli mes constructeurs. A mon retour je le ferai. J’aurais alors le reste de la journée devant moi. Je caresse néanmoins le mur avec délicatesse. Vibre lorsque je sens le relief des lettres de sang sous mes phalanges. Aux nombres de corps qu’il a fallu vider pour écrire ces phrases. A que j’en ai de l’inspiration. Je suis réellement doué parfois que je m’étonne moi-même. Je continue et parvins enfin à la rivière de sang. Inspire à pleins poumons afin de m’imprégner de l’odeur. Ecœurante et enivrante à souhait. Plus efficace encore que n’importe quelle liqueur porcine fabriquée dans mes cuisines. Si je n’étais pas sur le chemin pour une visite diplomatique, je plongerais ma main dedans, laisserait peut-être promener mes doigts sur une ou deux têtes. J’aime me rappeler à quel point je suis puissant et mes décisions sont intransigeantes. Que la moindre offense que l’on me fait est chèrement payée. Et on me respecte pour cela. Ah zut ! Je me suis laissé emporter et voilà que j’ai la main dégoulinante. Je croise deux sujets qui reviennent apparemment d’une nuit à l’extérieure, leurs vorpales rougies. Tout en m’essuyant sur la tenue de l’un d’eux, je les assure que je peux me rendre seul dans le sud de Wonderland. Je les voie s’échanger un regard et secoue la main, insistant sur le fait qu’ils méritent un bon repos. Ils haussent les épaules et une fois qu’ils ont disparus, je continue de marche le long de la lisière jusqu’à parvenir au parking des flamands roses.

Foutu volatile. Je peste et rage contre cette monture qui n’en fait qu’à sa tête. Si je n’en avais pas encore besoin, je lui trancherais bien la tête. Je me contente de lui envoyer un coup de pied dans le flanc. Mauvaise idée, la voilà qui s’éloigne en piaillant. Je soupire et finis par me dire que je ne n’arriverai jamais au château du Sad Hatter. Je peux apercevoir le labyrinthe de ronces se dresser non loin mais je n’ai franchement pas envie de tout me taper à pied. Je n’ai pas le choix, il faut que je retrouve ce flamand rose de malheur qui a décidé de faire un arrêt pour se désaltérer. Cela fait des jours qu’exige qu’on change ces montures mais rien à y faire. Ils sont toujours là.
Sous mes pieds, les feuilles craquent légèrement. C’est vrai que Wonderland a une sale tronche par ici. Je me demande brièvement si ça a toujours été le cas ou non. Non. Oui. Je ne sais plus. Pourtant je suis forcément déjà venu ici. Je n’ai pas pu passer tout ce temps sans rencontrer le maître de cette région. Etrange… C’est que ça ne devait pas être bien impressionnant. Voilà tout. Forcément, tout ne peut pas être aussi sublime que mon royaume rouge. Mes roses et ma demeure. Enfin j’aperçois le piaf. Je lui fais un signe autoritaire afin qu’il rapplique aussi tôt. Et me vois désobéi. Je me demande brièvement si ça peut se cuisiner cette bestiole quand j’entends une voix qui s’élève. Quelqu’un qui chante. Mon corps est parcouru de frissons. Je hais la musique et tout ce qui s’en rapproche. Il n’y a qu’un seul son magnifique à mon sens. Les hurlements. Ah et celui de la vorpale clever qui tranche une tête ou des os. Le reste n’est que crissement insupportable. Néanmoins je m’approche. Et aperçoit une femme. C’est décidément mon jour de chance. Pas si inutile que ça le piou-piou.
D’une main je lisse mes cheveux vers l’arrière et m’avance grand sourire. Je n’ai plus rien en tête si ce n’est séduire cette hautaine qui a en juger par sa plastique doit probablement être elle aussi au service de mon ennemie jurée. Et la détruire, à jamais. Parce qu’il s’agit là de l’unique chose qu’elle mérite. Je m’approche et commence d’ores et déjà à entamer la phase de séduction.

En voilà une merveilleuse mélopée. Mais sa beauté n’égale ni la voix ni les traits de sa chanteuse. Je suis navré de vous avoir interrompu, mais je suis en admiration totale et n’ai pu me retenir de vous adresser la parole. Permettez-moi de me présenter. Je me prénomme Seel.

J’ai toujours utilisé un autre nom que celui qui m’a été donné. Tout le monde connaît le grand Shadow Scar Seelerk, maître des cartes. Si je me présentais sous cette identité, nul doute que les femmes blanches me fuiraient. Et ce n’est pas là mon but. Non. J’ai une méthode rigoureuse. Attirer et détruire. Je ne suis pas un chasseur, je suis un piège mortel. Là est la différence.


Dernière édition par Shadow S. Seelerk le Mer 12 Sep - 4:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Dim 12 Aoû - 9:19

La journée égrène lentement ses heures. Je ne sais pas au juste si c'est le matin, le soir, ou si la nuit étend sa noirceur sur Wonderland – dans ce monde d'obscurité perpétuelle qui est mon univers, la lumière ne fait que de brèves incursions et je la reçois toujours en étrangère. C'est dans le noir que je suis le plus à l'aise, dans la pénombre qui m'entoure et me berce, apaisant la douleur abyssale de mon cœur en ruines, estompant de ses contours vagues les arêtes tranchantes de mon esprit en détresse, soulageant de sa neutre fraîcheur les plaies béantes de mon âme détruite.

On m'a volé mon maître, on m'a pris mon guide, on m'a privée de mon protecteur. Où es-tu, Chapelier, où es-tu, ami cher dont le départ me laisse prisonnière d'une si terrible solitude que je n'ai même plus l'envie de la briser ? Pourquoi m'as-tu laissée ici, seule et solitaire, abandonnée ? Plus rien n'est plus pareil, tout a changé, et j'erre dans des ténèbres qui n'ont plus rien d'intérieures, comme si mes démons intimes s'étaient incarnés pour mieux me tourmenter. Alors je chante pour toi, Chapelier : je chante le deuil et la perte, je chante l'appel de la vengeance, le goût du sang, l'amertume des larmes et la peine de ceux qui restent pour pleurer les disparus. Tu me manques, Chapelier : tu me manques affreusement, mais quand je chante mon flot de larmes se tarit pour ne plus garder devant mes yeux aveugles que l'intensité de ton souvenir.

Je chante et la rivière me répond, renvoyant de ses cascades frénétiques la saccade de mes notes, accompagnant de ses harmonies aquatiques la ligne de ma mélodie. Je ressens chaque cascade, chaque tournant, chaque ride à la surface de l'onde, réverbération du son, duo sublime entre la voix et l'instrument naturel que le Lac des Larmes me fournit. Je chante, depuis des heures peut-être – je chante, seule sur mon rocher, telle quelque sirène désabusée sans marin perdu pour l'écouter, je chante le flot de mes larmes et le rugissement de mon sang, je chante la croisade sacrée comme les assassins et les meurtriers. Je chante pour toi Chapelier, je chante la tristesse et la haine, je chante pour toi et toi seul.

Mais un autre est là. La mélodie du courant cristallin change d'octave, l'écho se trouble et vacille, et moi je ne chante plus. Un frisson coule le long de mon échine comme l'eau coule à mes pieds, et je sens le danger se lever, sournois et discret dans l'obscurité. Qui est-ce ? Que veut-il ? C'est un homme, le son de ses pas et le rythme de sa respiration ne mentent pas. Je sens une odeur légère portée par le vent, un goût de cuivre et de métal – un parfum de sang qui m'affole, dans le secret de mon cœur. Il parle, et cette voix m'interpelle – je ne le connais pas, mais je me méfie déjà. Son ton mielleux, sa cordialité outrancière, tout cela c'est de la poudre aux yeux, et mes sens exercés d'aveugle me le clament. Qui est-il, oui ? Perplexe, j'incline la tête sur mon épaule, écoutant l'écho de sa voix se ternir et disparaître sur un soupir entre deux pierres. Je ne crois pas un mot de ce qu'il me dit.

« Je suis Soprane Nighttime, l'Ordalie, et vous êtes ici sur mon domaine. Seel, si tel est votre nom ce dont je doute, que me voulez-vous ? »

Je suis tendue, et il doit le sentir. J'ai tourné vers lui mes yeux d'aveugle, mais je n'ai pas autrement bougé – je suis fragile ici, ainsi isolée, et très vulnérable. Oui, qui est-ce... Et surtout, que va-t-il me faire ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Dim 12 Aoû - 9:21



Déjà dans ma tête j’imagine les milles et unes tortures que je pourrais infliger à cette femme. Cette beauté qui paraît parfaite et absurde. Je vois mes mains se saisirent de ses cuisses et l’attirer à moi, je la sens presque se débattre sous mes doigts et hurler à l’assassin. Implorer de sa voix mélodieuse la reine blanche. Prier pour qu’elle vienne la sauver. Mais je suis le seul maître du coin. Et une fois de plus je vais sortir grand victorieux. Assouvir mes instincts, calmer le désir qui pulse violemment en moi et rend mon pouls assourdissant. Je profite de son visage encore tourné pour sourire sincèrement. Sadiquement. Mes doigts remuent légèrement, caressent le manche de ma vorpale. Je me demande quel membre je vais écraser en premier. Mais rapidement, je me rends compte que quelque chose n’est pas normal, ne suit pas le cours des choses. Elle ne se tourne pas vers moi.
Ces catins superficielles ne jurent que par l’apparence. Depuis le temps que je les fréquente, les pratique et les bousille à coup d’hachoir je le sais parfaitement. Leur tout premier réflexe pour savoir si l’on est digne d’intérêt est de nous reluquer de la tête au pied. Et c’est alors qu’elles commencent à bouillir comme des théières en chaleur. Parce qu’il faut dire ce qui est, je suis plutôt attirant. Probablement mon charisme de monarque qui joue en ma faveur. Voilà ce qu’elles font. Et c’est ce qui me permet de mettre tant de… cœur à l’ouvrage. De m’appliquer. Je ne saurais réellement expliquer d’où cela me vient. C’est comme si c’était gravé en moi. Ma mission. Eternelle et jouissive. Je découvre chaque jour de nouvelles femelles à exterminer. Mais pourquoi Hatter celle-ci ne veut-elle pas fonctionner comme les autres !

Je m’approche encore de quelques pas et m’aperçois de sa posture droite. Trop droite, presque tendue. Je n’ai jamais connu ça. Du moins pas avant que je n’ôte ma chemise et que je leur montre la grave erreur qu’elles ont commise. Et je n’aime pas ça. J’ai mes petites habitudes, mes réflexes. Et ne pas pouvoir les exécuter me rend presque nerveux. Et passablement excité. Ce qui est bizarre. Bizarre, mais pas désagréable. J’avance à nouveau un pied et me rend compte que je suis comme… curieux. C’est exactement le mot. Ah si on m’avait dit qu’un jour une débauchée me ferait cet effet ! Enfin, ce n’est pas pour durer. Dans très peu de temps, elle va certainement jeter un regard antipathique à mon égard et l’éclairer sitôt qu’elle aura vu ma carrure et ma plastique. Heureuse d’apporter un nouveau jouet à la reine. Et là je rentrerais en terrain connu, assènerait quelques flatteries bien placées tout en imaginant ma lame tranchant sa chair et mes mains rougies par son sang. Mes doigts caressant sa peau veloutée et ma langue goutant les gouttes qui s’échappent de ses plaies. Et là je me stoppe. Douché. Ne comprenant pas comment j’ai pu être si facilement percé à jour. Je devrais probablement penser à changer mes pseudonymes qui commencent peut-être à se faire connaître. Lionel. C’est sympa ça… Je ne sais pas d’où ça me vient, mais je le prendrai la prochaine. Je me mets à réfléchir rapidement. Deux options. Elle connaît ma véritable identité et en ce cas, elle ne craquera pas. Deuxième possibilité, elle a de simples soupçons et je vais devoir redoubler d’efforts. Et finalement ce n’est peut-être pas une idée qui me déplaît tant que ça. Par réflexe, mes doigts passent une nouvelle fois dans ma chevelure, vérifiant que tout est en place et que j’ai parfaite contenance.
Troisième option, elle n’est pas du royaume de la reine blanche. Je pourrais faire demi-tour, retrouver le piaf et accomplir mon travail, mais la machine est lancée, et j’ai envie de jouer.


Soprane, un nom qui vous va à ravir et qui vous colle à la peau si je puis dire. J’imagine qu’il ne s’agit pas là du fruit du hasard. Je serais néanmoins curieux de savoir ce qui vous pousse à vous méfier de la sorte. Si Seel n’est pas mon nom complet, il est en est tout du moins une partie et je n’ai proférer aucun mensonge. Que ce soit au niveau de mon identité ou de mes compliments. Ce que je sou-haite ? Que vous chantiez à nouveau et emplissiez mes oreilles du doux timbre qu’est le vôtre.

Tout en discutant mes pas m’amène vers elle et je tends ma main vers son visage afin d’en caresser les contours. Ce n’est pas parce qu’elle est aveugle qu’elle est pour autant innocente et je vais le prouver. Là, maintenant. Quand bien même je doive s’infliger une torture éprouvante.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Dim 12 Aoû - 9:24

J'ai peur. Cet homme m'effraie, avec ses paroles mielleuses et ses dehors pervers. Je sens sous ses mots de bien noirs desseins et je n'aime pas me trouver, ainsi, vulnérable à sa merci. Que dire, que faire ? Je le sens qui s'approche – le crissement de l'herbe sous ses semelles, le murmure des fleurs qui s'écartent, le souffle du vent sur mon visage qui m'apporte son odeur sanglante, de plus en plus forte. Et l'énergie cinétique qui se dégage de son corps et agresse le mien, comme un animal tapi dans les fourrés qui se fait tout petit en attendant de bondir sur sa proie désarmée. Je n'ai rien pour me défendre – sur le territoire de mon Chapelier, nul n'oserait s'en prendre à la renommée Ordalie qui fut l'un de ses joyaux les plus précieux. Pas d'arme pour protéger ma vie, nul atout dans ma manche – et il s'approche encore, envahissant mon espace personnel avec un culot sidérant. Ses mots m'entourent, m'environnent de toute part, tissant autour de moi quelque vénéneux filet empoisonné, mais je ne tiens pas à me laisser enchaîner et je m'accroche donc fermement à ma liberté. Il veut que je chante ? Soit, je chanterai.

Mes lèvres s'ouvrent, j'inspire une grande bouffée d'air. Puis les premières notes s'égrènent, et j'escalade la gamme, sautant d'octave en octave, traversant prestement l'échelle des sons pour parvenir à la hauteur cristalline qui m'a valu mon prénom. Perchée tout là-haut, bien plus haut que n'importe quelle partition, je continue à monter, encore et encore, déchirant ses tympans novices d'une succession de contre-ut agressifs et dissuasifs. C'est une mélodie qui repousse et met en garde, qui protège et s'élève en bouclier entre ceux qui m'agressent et moi. Là haut, tout là-haut au sommet de la gamme, je me sais bien plus en sécurité que prisonnière de mon silence. Je n'insiste pas, cependant – s'il voulait me toucher, comme la proximité de mon corps me l'a suggéré, il ne le fera plus maintenant, du moins j'ose l'espérer. S'il essaie, ma foi – ses tympans commenceront à saigner.

« Gardez vos distances. Le pouvoir du Chapelier Triste ne s'étend peut-être plus sur moi mais je ne suis pas sans protection. »

Mon ton est ferme et résolu : autant que cet intrus sur nos terres sache ce à quoi il s'expose. Je suis peut-être solitaire et marginale, mais je suis également un symbole de la Cour Triste : on ne me laissera pas malmener sans réagir. L'écho de mes mots rebondit le long de la rivière et je sais qu'il parviendra à quelque allié, là-bas au loin le long de l'eau qui dévale en chantonnant son chemin rocheux. Je suis curieuse néanmoins – les sujets des autres royaumes de Wonderland ne s'aventurent guère par ici, depuis notre appel à la vengeance, et je trouve celui-ci bien téméraire de manifester une telle audace.

« Je ne crois pas que mes vocalises soient la réelle motivation de votre visite. Je suis aveugle, messire : pas stupide. »

Je me raidis sur mon rocher. Cette confrontation d'esprits m'évoque mon arrivée à Wonderland, où mes iris entièrement noirs déroutaient et choquaient, malgré l'apologie de la différence qui est l'hymne même de cet univers. Combien de fois ai-je dû me défendre face à une hostilité plus ou moins marquée ? Mon cœur s'alourdit, petit à petit, alors qu'une vague de nostalgie déferle sur moi. Je porte toujours les mêmes robes blanches qu'à mon arrivée, mais tout a si dramatiquement changé – plus de guide, plus d'ami, plus de Chapelier.

Ô, Chapelier, si tu savais, le poids de mes regrets...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Dim 12 Aoû - 10:09

J’ai un principe simple. Si l’on souhaite arriver à ses fins, tous les moyens sont bons. Tous, sans limites déonto-logiques, morales ou basées sur un autre de ces fondements à la bergamote. A partir de cela, on peut faire absolument tout ce que l’on souhaite. Parce qu’on ne tient pas compte des obstacles. Ils n’existent plus. La seule loi qui règne est la nôtre, celle de nos désirs. Et pour tous ceux qui ne sont pas convaincus, ils n’ont qu’à essayer. Ils deviendront vite des adeptes. Je n’en fais pas la promesse, je n’aime pas ça. Justement parce qu’il s’agit de contraintes. Le concept est saisi maintenant ? Voilà pourquoi sans aucune hésitation j’ai décidé de demander à l’Orpalie de chanter à nouveau. Même si j’ai horreur de ça et que l’idée de mélodie me donne déjà envie de vomir mes tripes sur le sol. Parce que je ne m’arrête pas à mes goûts personnels. Parce que pour prouver qu’elle est comme toutes les autres et sujette à mon jugement je suis prêt à tout. Masochiste ? Que dalle ! Libéré de toutes contraintes. Voilà tout. Bon et je l’avoue que je ne répugne pas à passer par ce stade de temps à autre. J’ai une envie folle d’ôter mon vêtement et de caresser du bout des doigts mes cicatrices. Sentir leur relief sur ma peau et me remémorer la femme à laquelle elle est dédiée. Je le contiens cependant. Ne sait-on jamais, que prise par une irrésistible envie de toucher le corps de son interlocuteur elle ne décide de laisser ses mains s’attarder sur moi. Ce serait trop tôt pour qu’elle découvre ma véritable personnalité.

Je grince déjà des dents aux premières notes, retiens néanmoins ma respiration afin de masquer mon profond malaise qui ne jouerait pas en ma faveur. J’attends, attends. Et me rend compte finalement qu’elle se joue de moi. Je décide d’abord de lutter contre l’apparition de la douleur. Non de l’accepter. De la prendre toute en-tière en moi. Depuis… depuis aussi longtemps que je me souvienne j’ai appris à la contrôler, à l’aimer même. Mais il y a des souffrances que je ne me suis jamais exercé à subir. Supporter des sons aussi aigus n’est pas en moi et je m’éloigne de quelques pas, sonné, étourdi. Mais également enragé. Je n’ose croire qu’elle ait une chose pareille. Avoir osé s’être attaquée de la sorte à… voilà pourquoi. Elle ignore mon identité. Ne peut devi-ner que je suis le maître du Nord, de la rivière de sang. Ce qui explique son manque considérable de respect. Mais une autre pensée me frappe l’esprit. Elle n’a pas succombé, ne s’est pas laissée bernée. Coup de chance, instinct surdéveloppé, je n’en connais pas la raison. Je pourrais insister, jouer les innocents, mais j’ai comme la certitude que ça ne fonctionnerait. Pas avec celle-ci qui ose me lancer des menaces. Etrange femme, étrange phénomène à elle seule. Pour la première je rêve de posséder une semblable non pas par automatisme mais par réelle envie et excitation. Et je ne suis pas prêt de laisser ce steak s’envoler. Je me laisse tomber au sol, non loin d’elle. Décide rapidement de l’attitude à adopter. Désireux d’en savoir plus. De comprendre comment et pourquoi elle n’a pas saisi l’occasion qui se présentait à elle.

Très bien, vous voulez en savoir la raison ? Je suis un messager d’une autre région, désireux de savoir comment vous et votre peuple vivez votre deuil. Un message de paix à l’encontre d’un probable nouveau leader. Je suis navré que vous vous soyez sentie menacée. Vous avez simplement une sorte d’aura hypnotisante. Est-ce propre à votre rôle d’Ordalie ?

J’aurais pu l’écraser sans aucun problème. Oui. Mais ce n’est pas ce que je recherche. Et pour assouvir cet étrange sentiment de curiosité, je suis bien obligé d’adopter une nouvelle attitude. De jouer différemment de créer de nouvelles règles.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Dim 12 Aoû - 10:28

Il se moque de moi. Je l'ai senti reculer, se protéger de ma voix, de ce petit talent caché que je n'ai pas souvent dévoilé. Ses oreilles doivent sûrement bourdonner à présent, se remettant doucement de l'agression qu'elles viennent de subir. Je ne suis pas vraiment fière de moi. Je n'ai pas pour habitude de malmener les tympans de mes auditeurs, ni mes propres cordes vocales que ce traitement barbare ne flatte guère. J'aime moduler ma voix, la rendre agréable et caressante, propre à saisir le cœur et ravir les sens – je n'aime pas en faire une arme qui blesse et meurtrit, sauf quand il s'agit de préserver ma propre vie. Trop sensible, peut-être – mais comme tous ceux qui créent, je n'apprécie pas l'acte de détruire. Mon instinct cependant me souffle que l'homme en face de moi n'a rien d'un artiste, et tout d'un tourmenteur, qui se plaît à écraser et massacrer sans pitié ni retenue les infortunés assez malavisés pour croiser sa destinée. Et il se prétend messager de la paix ? Ha ! Messager de l'Apocalypse bien plutôt, et si ce n'est celle de la Cour Triste, ce sera certainement la mienne.

Je ne peux retenir un éclat de rire. J'ai constaté beaucoup de chaos ici, et côtoyé moult formes de folies, mais rien n'est plus risible que le loup qui se déguise en brebis pour tromper les innocents. Encore que, des innocents, il n'y en ait guère par ici. C'est une insulte à mon intelligence – et je sens mon esprit se révolter face à l'impolitesse de cet odieux individu qui s'invite dans mon jardin privé pour y distiller ses intentions désaxées. Vient-il espionner, trahir, attaquer ? Vient-il voler des secrets ou tuer en toute impunité ? Je ne le sais pas encore, mais de toute manière je suis à peu près impuissante face à lui. Mon chant n'a pas le pouvoir de tuer, et je n'ai aucune arme sous la main, mon umbrella étant restée au manoir. Qui aurait pu croire que j'aurais besoin de protection dans les domaines mêmes de mon Chapelier ? J'ai ri, quelques secondes. Senti qu'il s'offusquait. Et aussi brusquement que j'ai craqué, je me reprends. Contrôle. Sérénité. Cet homme m'intrigue. Je ne suis pas dupe un seul instant, mais je suis femme néanmoins, et tiraillée par une foule de questions. Il semble changeant. Inconstant. Comme ce Chapelier Fou qui était le jumeau de mon protecteur, et pourtant si différent. Est-il affilié aux pauvres errants de la démence ? Il n'est sûrement pas des Blancs, en tout cas, et l'odeur cuivrée qui s'attarde dans les parages me fait redouter un Rouge assoiffé de sang.

Un souffle de vent se lève, fait voler mes cheveux, les pans de ma robe. L'air se fait frais, et l'absence de soleil sur ma peau m'indique la venue du soir. Il va bientôt faire nuit, si ce n'est déjà le cas – un dernier reste de chaleur sur mes épaules trahit un crépuscule diffus. Le désir de voir me taraude, étrangement. D'ordinaire je ne m'en remets pas à ma vue – mes autres sens me suffisent amplement et je trouve mes yeux terriblement restrictifs, par rapport à la foule de sentiments et de détails qu'un bruit peut trahir, une odeur suggérer, un toucher révéler, un goût prouver. Et pourtant. Si cet homme est un ennemi, je dois savoir – je dois voir. M'en assurer. Avec certitude et clarté.

Rien de plus simple. Lentement, j'appelle à ma mémoire le souvenir de mon Chapelier. Le son de sa voix, qui me réconforte et me cajole. Le contact de ses doigts lorsqu'il me fait danser ou me serre contre lui, sa tête sur mon épaule, arrosant mon épaule de ses larmes et moi la sienne des miennes. Le goût sucré du thé qu'il me sert lui-même, partageant avec moi les ragots et les commérages. L'odeur reconnaissable des tulipes noires dont nous partageons l'amour. Et les voilà qui arrivent, elles sont là – mes larmes, ces larmes silencieuses et désolées qui coulent une à une de mes paupières, au ras de mes cils pour dévaler paisiblement la courbe de mes joues. Et alors qu'elles baignent mes yeux morts, mes iris s'atténuent, se brouillent et pâlissent, prenant cette couleur de brun doré qui trahit le retour de ma vue. Je cligne des yeux, les pose sur lui, dévorant son visage.

Je vois.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Mar 14 Aoû - 5:57

Je crois bien qu’il s’agit de la première fois que quelque chose m’intrigue autant. C’est peut-être aussi la première fois que je prends le temps de me poser la question. Mais aucune des femmes que j’ai rencontrées dans ma vie ne m’a jamais fait cet effet. A savoir donc, attiser ma curiosité. Au point que je puisse lâcher le manche de ma vorpale cleaver et m’asseoir calmement. Créer une discussion parce que je souhaite en savoir plus. Jusqu’à présent tout a coulé de source, elles me voyaient, jouaient les fausses inaccessibles et regrettaient leur manège lorsque mes mains agrippaient déjà leurs hanches. Et voilà qu’une infirme remet tout en question ! Je me demande brièvement si ce n’est pas cela qui m’a stoppé… Non. Une femme, même porteuse d’un handicap est toujours une femme. Non. Je crois bien que c’est le coup des notes à crever les tympans. J’en ai encore mal c’est pour dire. Je n’ai pas l’habitude à ce qu’elles s’attaquent à moi. Franchement pas. Et quelque part ça me met les nerfs en hérisson, je ne l’accepte pas. Je vais la faire changer d’avis, je vais la séduire et la détruire plus violemment par la suite. Là, ce soir. Je…

Je n’ose y croire, voilà qu’elle se met à rire. Elle est suicidaire, il n’y a pas d’autres explications. Ah oui, c’est vrai elle fait partie de l’ancien peuple du Sad Hatter. Voilà pourquoi elle n’a de cesse de me provoquer et de se défendre avec hargne. Et qu’elle se met à me manquer de respect à ce point-ci. Suicidaire, ou folle. Au choix. Quoi qu’il en soit, ma rage manque d’éclater et il se peut bien que sous peu je ne me laisse aller et réalise son désir. Ma main droite s’enfonce dans la terre meuble à côté de moi et je fais crisser les feuilles dans mon poing serré. Je me demande bien ce qu’il me retient de lui sauter dessus et de lui faire regretter son attitude ! D’en terminer, là maintenant tout de suite. De lui faire comprendre qui je suis, ce que je fais. Qu’on ne peut me manquer de considération en toute impunité. Je me vois, baignant dans son sang, les mains rouges, les vêtements dégoulinant et riant aux éclats. Couvrant les derniers échos de sa propre hilarité. Douce et délicieuse vengeance. Mais je ne bouge pas. Ne me lève pas. Par l’as de cœur ! Il y a vraiment un truc qui cloche chez moi.

Je passe la main sous ma chemise et la laisse se promener, à la recherche d’une cicatrice en particulier. Probablement mon meurtre le plus violent, ma domination la plus délectable. Je la reconnais facilement, elle est plus grande, plus en relief que toutes celles qui se trouvent sur mes flancs. J’essaie de me replonger dans mon souvenir, de retrouver mon véritable moi, mais ne parvint qu’à voir quelques mèches rousses apparaître devant mes yeux. Parce que quelque chose m’empêche de me concentrer. Un changement subtil mais réel. Le rire est devenu pleurs. Oui pas à dire elle est cinglée. Par réflexe, je tourne la tête, ma main toujours sous ma chemise. Je la regarde, elle me regarde. Je me demande quelques instants ce qui me dérange. Elle…
Mes doigts cessent de caresser cette trace de mon passé, je reste bouche bée sous le coup de la surprise. Elle me regarde ! Avec ses yeux. Je pensais en avoir vu des trucs pas nets ici, mais là, c’est le plus grand tour de passe-passe que j’ai jamais vu. Attendez…. Et si elle jouait un petit manège depuis le début ? J’avoue que ça lui vaudrait bien un premier rôle une telle performance, mais elle pouvait tout aussi bien faire semblant d’être faible pour éviter le pire. Sauf que d’une, ce n’est pas ce qui l’a sauvée pour le moment et que de deux, elle serait franchement stupide de tout foutre en l’air maintenant. Ah je n’aime pas ça ! Je n’aime pas me prendre le champignon à cause d’une simple paire de seins, d’une taille fine et d’une prétendue ingénuité. Tiens, elle m’énerve encore. Mais la curiosité est toujours là présente, et je sais que même si j’assouvis les désirs bestiaux qui prennent possession de mon corps, des valets de questions m’empêcheront de pleinement apprécier mes prochaines victimes. Et à quoi bon massacrer si on ne s’amuse pas ? Alors je reste à ma place, me tourne simplement vers elle, assis en tailleur, mains sur les genoux. Je la regarde pleurer, hésitant quelques secondes et décidant que je suis probablement mieux ici et qu’elle va se défendre si j’ose l’approcher. Je pointe mon index en sa direction, tout en affichant un sourire amusé. Servi avec le regard séducteur qui s’accorde parfaitement.

Vous… êtes décidemment bien surprenante Soprane. Regorgez-vous encore d’autres secrets ? D’autres talents? Donner un mal de crâne et une envie de se le faire exploser rien qu’en usant de vos cordes vocales, c’est fait. Prétendre être aveugle et voir, fait également. A moins que ce ne soit plus complexe ? Vous m’intriguez fortement, je ne vous le cache pas et je brûle d’en savoir plus sur vous. Savez-vous faire apparaître des flamants roses au détour des bosquets ? Changer l’eau en thé ? Non. Je plaisante. Une potion de gaieté ferait l’affaire. Vous avez l’air d’en avoir bien besoin. A moins que ce ne soit votre quotidien dans le sud. En ce cas je m’excuse d’offenser vos coutumes. Enfin… sachez que si vous le désirez, je me ferai une joie de sécher ces larmes.

Un peu de légèreté dans ce climat tendu que voyons ! Essai numéro trois lancé. Si même l’humour ne fonctionne pas, je pense que j’attaquerai de façon plus barbare. Plus efficiente également. Je sens ma vorpale sur mon flanc gauche, la touche du coude. Je n’ai pas encore prévu de l’utiliser, mais la savoir si proche m’apporte une compagnie familière. Comme un réconfort et une ligne de conduite à suivre pour parvenir à mes fins.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Jeu 16 Aoû - 5:36

Un instant, tu l'observes en silence. Il est étrange, cet homme-là. Tu n'as pas pour habitude de te fier à tes yeux aveugles la plupart du temps, aussi sollicites-tu tous tes autres sens – et l'impression que tu en retires glace le sang dans tes veines. Tu n'as pas peur, non, parce que tu as conscience du danger que tu cours et de la direction dont il peut venir. Ce que tu vois en lui, c'est un miroir aux mille facettes. Il semble capable d'arborer n'importe quelle trompeuse personnalité sur commande, trompant son monde et leurrant les innocents dans de fallacieux faux-semblants. Tu l'entends, dans le son de sa voix. Quelques graves harmonies dissonantes par rapport au reste de son caractère, quelques fausses notes dans sa mélodie. Comme les sirènes de naguère qui chantent pour attirer les marins à la mer, lui cherche à te charmer pour mieux te tromper. Ta méfiance se soulève. Il ne t'inspire aucune confiance. Tu sens dans l'air ambiant comme une odeur de sang et cela aussi, tu en prends bonne note. Pour le moment il s'est installé à quelque distance, les oreilles bourdonnantes sûrement de l'agression sonore dont elles ont été les victimes. Ta gorge est encore quelque peu douloureuse : d'ordinaire, tu maries les notes pour en faire des symphonies, tu ne massacres pas tes cordes vocales pour mutiler quelque tympan malavisé...

Visiblement, il a compris que tu pouvais voir. Les larmes continuent à couler le long de tes joues, une à une, et tu détailles les infimes mouvements de sa physionomie. Tu en tires une masse d'informations, que tu ne peux cependant pas comprendre, faute d'expérience. Il attend visiblement quelque chose de toi, mais quoi ? Cet homme-là est le danger incarné et tu ne veux tout de même pas y succomber. Tu envisages de quitter ton bout de rocher, de te lever et de t'enfuir vers le domaine du Chapelier Triste et la sécurité. Tu ne l'envisages qu'une seconde, avant d'abandonner cette idée. Il n'attend sûrement que ça et tu ne lui donneras pas cette joie. Songeuse, tu médites quelques instants, cherchant la bonne conduite à tenir.

« Pourquoi mes yeux vous intéressent-ils ? N'y a-t-il personne d'autre à tourmenter dans Wonderland pour que vous ayez décidé de vous en prendre à moi ? Je crains fort que vous ne trouviez l'expérience décevante. »

Tu ne vas pas lui expliquer le mystère de tes larmes. Pas tout de suite. Il devra comprendre par lui-même, ou ne pas comprendre du tout. Que l'incompréhension doit être dure à supporter pour un homme tel que lui, qui se régale visiblement de sa force supérieure et du pouvoir que cela lui donne sur les autres... Tu te lèves lentement, défroissant ta longue robe, jusqu'à te tenir debout sur ton rocher. Tu attends. Le bon moment. Tu le crains, mais lui ne semble pas avoir réellement compris à qui il avait affaire. Tu es peut-être fragile et vulnérable, mais tu n'es pas sans armes.

Le vent se lève. La brise agite tes cheveux, les pans de ta robe, et tu sais que le moment est venu. Tu sors de ta poche ce petit cadeau du Chapelier Triste, cet objet qu'il a fait réaliser pour toi par son frère et que tu es la seule à posséder. Oh, ce n'est pas un simple briquet comme il y en a des dizaines à Wonderland, non. Celui-là n'allume pas de feu – il se contente de produire une étincelle. Et cette étincelle, tu l'envoies au pied de ton rocher, dans l'herbe sèche qui tapisse le sol – et les flammes sont là. Dans un ronronnement chatoyant, elles s'élèvent et t'entourent dans un rideau flamboyant. Leur lumière allume des reflets cuivrés sur ta peau, et comme leur lumière blesse tes rétines, tu sèches tes larmes, revenant à l'obscurité, aveugle Ordalie dans son nid d'incendie.

« Vous ne devriez pas me sous-estimer. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Ven 17 Aoû - 5:20

Et après on se demande pourquoi je préfère bâillonner les femmes plutôt que leur adresser la parole. Regardez-la ! Non mais regardez-la faire la fière sur son rocher, entourée de flammes. Je pourrais tourner les talons, retrouver ce stupide flamant rose et quitter ce maudit lac. Je pourrais la laisser jouer à la plus maligne et à la grande prêtresse sur sa pierre. Après tout qu’est-ce que j’y perdrais ? Pas grand-chose, elle ou une autre, c’est du pareil au même. Oui ça c’est que vous vous dîtes. Mais je ne suis pas d’accord. C’est elle. Et quand je mets martel en tête, je vous préviens, il faut s’accrocher. Rien ne peut m’empêcher d’atteindre mes objectifs, et de réaliser ce que je désire. Parce que JE suis celui qui crée les règles. Que je ne sois pas sur mes terres ne change strictement rien. Et puis ils n’ont même plus de chef ici, donc je pourrais tout aussi bien me servir. Ah tiens ! C’est ce que je vais faire. Et ce ne sont pas des langues de feu qui m’en empêcheront. Foi de Seelerk ! Quoi ? Comment nous en sommes arrivés là ? Mais j’en ai foutrement aucune idée ! Pour une fois que je n’ai rien fait ! Ah je ne dis pas que mes desseins étaient d’une pureté à toute épreuve, mais… bon bon ça va. Je n’ai pas encore fait quoi que ce soit. Mieux ? Bref, elle est montée sur ses grands champignons comme une grande. J’ai été charmant, souriant, calme. Il faut croire que je commence à perdre de mon jeu d’acteur. Ça ne va plus…

Je repasse les quelques minutes qui viennent de passer dans mon crâne. Non je ne crois pas même avoir fait de rictus quand elle a déclaré être une expérience décevante. Je n’en pensais pas moins pour autant. Jusque-là, elle s’était révélée être tout sauf indigne d’intérêt. Parce que si son caractère impulsif et l’apparition de ses griffes me mettent en boule, je ne la trouve pas moins captivante pour autant. A croire qu’elle est une sorte d’équilibriste qui s’amuse quelque fois à me faire perdre les pédales et d’autres fois à la rendre plus attractive en posant son pied de part et d’autre d’un fil imaginaire. Et il faut avouer qu’elle est plutôt douée la garce. J’ai hésité entre lui arracher les yeux –non pas au sens figuré- quand elle a éludé une fois de plus mes questions ou au contraire la laisser aller plus loin. Ah ! L’aurait-elle senti ? Chercherait-elle à se protéger ? Eh bien ce n’était pas le bon choix ma toute belle. Pas du tout ! Je lui en ai laissé des chances, je lui en ai tendues des perches. Elle n’a pas su les saisir ? Elle a préféré jouer à l’entêté et l’inaccessible ? Tant pis. J’entreprends les grands moyens.

Alors que je ne vois plus les traits de son visage, caché par la fumée probablement capiteuse, je me débarrasse de ma chemise. Quoi ? Bien sûr que je vais y aller ! Vous croyez sincèrement que je vais la laisser s’en tirer à si bon compte ? Oui, le feu ça brûle. Et j’ai une autre info capitale à vous donner, l’eau ça mouille. Et Shadow obtient toujours ce qu’il veut. En voilà une autre. Je pourrais me servir du lac, mais je n’ai pas vraiment la patience de fabriquer un seau de fortune voyez-vous ? Et j’en ai connu d’autre. Je l’ai déjà dit, la douleur physique et moi sommes de grandes amies. A force de cicatriser, je dois avoir la peau aussi dure et rugueuse qu’une pierre. Je ne dis pas que je vais m’en sortir sans trace. Mais une de plus ou de moins. Ce n’est pas ce genre de détail futile qui m’arrêtera. Loin s’en faut ! Je tourne quelques fois autour de la pierre, afin d’étudier le meilleur angle d’attaque. Essaie d’en deviner les limites à travers les flammes qui la lèchent. Une fois fait, je recule à mon point de départ et parle d’une voix forte.

Voyez-vous Soprane, j’ai tenté diverses approches et ne crois pas vous avoir heurté une seule fois. Ma curiosité était peut-être un peu trop poussée à votre goût. Que sais-je. Mais je n’ai pas eu un geste réellement déplacé. Ce qui est loin d’être votre cas. Si tout ceci n’en vaut pas la peine, dîtes moi ce qui vous pousse autant sur la défensive ? Vous me prouvez par votre attitude que je ne possède nulle hallucination et que vous êtes aussi passionnante que je peux en avoir l’impression. Mais soit, si vous ne souhaitez me donner des réponses, j’irais les recueillir par moi-même.

Ma vorpale cleaver pèse sur mon flanc, je pourrais la laisser. Mais elle m’est comme indispensable et je ne peux me résoudre à m’en séparer. Ce serait comme me scinder en deux. Cela fait des mois que je m’en sers, et elle est presque devenue un prolongement de ma main. Disons que je prendrais quelques secondes de plus. Qu’importe. Mes pieds se meuvent à toute vitesse et lorsque j’arrive à proximité de mon objectif je saute par-dessus les flammes. La chaleur fait instantanément couler la sueur de mon front et je sais mon torse suintant. Alors que je sens une brève douleur sous mon bras gauche, je pousse de mes orteils afin de me hisser. A l’abri, je passe rapidement ma main sous a brûlure. Et rigole en me relevant. Je découvre l’une de mes chaussures trouée et quelques gouttes de sang s’en échappe. Ce qui intensifie mon rire. Pour la première fois depuis le début de cette soirée je peux vraiment la contempler de face. Elle a cette beauté froide, correspondant si bien à son caractère. Son identité. Je prends une mèche de ses cheveux entre mes doigts. Conscient et appréciant le dégoût que je dois probablement lui provoquer. Je me penche et susurre à son oreille.

Maintenant que tout échappatoire est proscrit, saurez-vous vous montrer d’avantage coopérative et assouvir ma curiosité ?

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Lun 3 Sep - 4:00

Ô, mon Chapelier, où donc es-tu alors que ta sujette est ainsi tourmentée ? L'homme est debout sur mon rocher, il a brisé mes défense, renversé mes barrières et m'assiège à présent. Il a traversé les flammes, leur a payé tribut de son sang, et maintenant il est là, devant moi – je perçois son souffle sur mon visage, j'entends ses mouvements, je sens même le goût fade du sang sur mes lèvres tant l'odeur agresse mes narines exercées. Ô, Chapelier. Ils disent tous que tu es mort – je te perçois, moi, errant solitaire, à l'extrême lisière de mes pensées. Je suis là, Chapelier – si triste et si désolée, que même l'étreinte des flammes ne saurait me consoler. Regarde, Chapelier – je suis là, seule et désorientée, aux prises d'un homme qui me semble incarner un si redoutable danger. Chapelier, j'ai besoin de toi – la clarté de tes pensées, la force de ton bras.

Aide-moi.

Mais il ne vient pas.

Le Chapelier n'est plus là.

Je suis seule, oui, et tellement vulnérable – la tristesse de mon maître tombé aux mains d'assassins méprisables me protégeait. Autrefois. Aujourd'hui, seule la mienne se dresse entre mes ennemis et moi – entre les chasseurs, et leur proie. Je ne doute pas un instant qu'il ne soit de cette engeance-là, ce Seel qui me fait face, aussi imprévisible et incohérent que tous les habitants de ces terres inconséquentes, inaltérables et pourtant si changeantes. Je sens qu'il s'est emparé d'une mèche de mes cheveux – seul mon Chapelier a jamais osé ce geste, porteur d'une détresse si poignante que mon cœur en chavirait. Comment ose-t-il provoquer ainsi l'Ordalie ? Ne sait-il donc pas qui je suis ? Un frisson d'horreur me parcourt toute entière alors qu'il me susurre des menaces déguisées dans le creux de l'oreille. Je suis ici chez moi – je ne me laisserai pas dominer par la contrainte. D'autres ont essayé, d'autres s'y sont brisés – je ne me laisserai pas assujettir, je ne me laisserai pas enchaîner. Ce n'est que dans la liberté que je pourrai perpétrer le souvenir piétiné de mon Chapelier, de ses rêves brisés, de ses larmes si pures que même la haine la plus féroce s'y serait noyée. Ô Chapelier. As-tu seulement imaginé à quel point tu allais me manquer ? D'un geste décidé, je relève le menton, les yeux vides, forte dans ma cécité, murée comme je le suis dans une perpétuelle obscurité.

« Un brin d'honnêteté vous apporterait bien plus aisément ces réponses, que votre impolitesse ne me forcera jamais à vous donner. »

Un éclat de rire m'échappe. Les flammes ronflent et s'élancent autour de moi – je sens leur chaleur et leurs caresses le long de mes chevilles. Les bras écartés de chaque côté de mon corps, je saute en arrière – droit dans le brasier. Ma robe prend feu – des langues embrasées remontent le tissu fragile, le long de mes cuisses, entourent mes épaules. Les yeux clos, je m'échappe et me dérobe, ardente danseuse de l'improbable et de l'inassouvi, virevoltant ici et là dans les flammes qui effleurent ma peau, trop rapide et bien trop vive pour qu'elles me blessent, jouant avec elles comme certains se jouent des gifles du vent ou des assauts de l'eau. Je danse oui, je pirouette et je tourbillonne, et les lambeaux enflammés de mes vêtements me dessinent une ardente couronne. Oublié, le dégoût, effacée, l'horreur – ne reste que l'extase du danger, et le plaisir infini de la danse dans les flammes si chaudes, si pures, dont je me joue et m'entoure telle la plus précieuse des parures.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Lun 3 Sep - 17:00

Enfin je la tiens. Coincés tous les deux sur un rocher entouré de flammes. Elle n’a aucune échappatoire et je vais pouvoir assouvir cette curiosité qui me ronge depuis que je l’ai aperçue. Ou tout du moins depuis que j’ai découvert qu’elle n’était pas une de ces pièces que je pervertis avec une aisance presque désinvolte. Si j’apprécie l’instant présent ? Vous en avez bien des stupides de questions. Bien entendu que je suis en train de me délecter de la vue qui s’offre à moi. De notre proximité physique. Ça me plaît énormément de savoir qu’elle, au contraire, doit être révulsée et désire s’enfuir mais ne puisse rien y faire. Ma domination est totale et je retiens un rire de s’échapper de mes lèvres. J’attends patiemment qu’enfin elle réponde à mes questions. Oui. Patiemment. Il s’agit probablement d’une grande première, d’un fait exceptionnel. N’est-ce pas la preuve qu’elle me fascine et que je suis prêt à tout pour découvrir qui elle est ? Ce qui la rend si particulière ? Mais j’aurais dû m’en douter, elle ne rend jamais les choses faciles. Jamais.

Je suis partagé entre l’admiration, l’exaspération et la rage destructrice. Je me rends compte que c’est la première fois qu’une femme me fait ressentir autant de choses. Ou me fait même ressentir tout court. D’ordinaire je me contente de les briser. Ou de les manipuler. Quoi qu’il en soit j’agis toujours avec la plus froide des indifférences. Mais là… oui c’est décidément une toute autre histoire. Elle est complètement différente. Ce qui m’agace fortement. J’exècre l’idée qu’une simple catin puisse avoir autant d’effet sur moi. Et pourtant je ne souhaite pas que ce petit jeu cesse. Je me découvre une passion nouvelle pour le défi. Moi qui ai toujours aimé la facilité. Je ferme les yeux avant de chercher le moyen approprié de lui répondre et lorsque je les rouvre je découvre qu’elle n’est plus là. Sur ce rocher. Qu’elle se trouve dans les flammes.
Il n’y a plus aucun doute, elle est folle. Complètement timbrée et suicidaire. Mon premier réflexe est de vouloir tendre la main et de la remonter. Pourquoi ? Ne croyez pas que je porte réellement un intérêt sur son existence. Non. Je veux simplement avoir cette réponse à mes questions. Et… oui bon. Il y a peut-être un petit quelque chose qui me donne ce désir de la « sauver ». Mais je ne saurais le nommer. Et puis je remarque rapidement qu’elle n’est aucunement affectée. Qu’au contraire, elle semble apprécier être au milieu de ces langues de feu. Vision à la fois fascinante et envoûtante… Je me laisse à l’observer quelques instants avant de me mettre une claque. Mais qu’est-ce que je suis en train de foutre ? Je n’arrive pas à croire que j’ai réussi à me faire berner de la sorte.

Je me mets à nouveau debout. Prend autant d’élan que nécessaire afin de quitter cette place qui ne m’est plus aussi privilégiée. Agacé par ma propre faiblesse, je ne prends pas même le temps de m’attarder sur d’éventuelles blessures. Je récupère ma chemise d’une main et me plonge dans le lac sans pour autant la quitter du regard. J’aurais le fin mot de cette histoire. Peu importe ce qu’il m’en coûte. Je retourne promptement devant le cercle enflammé et me revêt tout en la regardant danser. Puis je tends mes bras et la rejoins. La colle contre moi. Sentant instantanément la chaleur sécher mon corps détrempé. Je sais que je n’ai que quelques secondes avant de commencer à brûler. Aussi je prends sa main et la pose sur ma Vorpale Cleaver. Et ensemble nous la jetons au loin. Puis je l’attire hors des flammes avec une poigne de fer. Fais fis de la douleur qui me transperce en divers endroits.

Vous voulez de l’honnêteté ? En voilà. J’aurais pu vous tuer mille fois. Vous faire souffrir de mille maux. Je ne dis pas que l’idée ne m’est pas venue, mais je n’en ai rien fait. Vous n’aurez peut-être pas cette chance dans le futur. Tout aussi douée que vous êtes. Je peux vous laisser là, tenter le diable avec le prochain venu. Ou vous pouvez me faire la grâce de me répondre. Le choix est votre.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Mer 12 Sep - 3:07

Je ne peux m'en empêcher : j'éclate de rire. La proximité des flammes m'emplit d'une douce euphorie, et dans le noir perpétuel qui baigne ma vie, je me sens bien : protégée, en sûreté. Intouchable et invulnérable. Depuis toujours, les flammes ont eu sur moi cet effet-là, la capacité de me faire tourner la tête quand je danse avec elles, toute prudence oubliée. A mon arrivée à Wonderland, elles ont été ma consolation des premiers temps, l'amie fidèle sur l'épaule de laquelle sécher mes larmes, le réconfort chaleureux dispensé par leur ardente présence m'emplissant toute entière. Il paraît que parfois je fais peur et j'inspire la pitié – je n'en ai que faire, je suis heureuse dans mon brasier. Je devrais pourtant m'effrayer, ainsi livrée à la merci de quelque tourmenteur meurtrier, mais l'hilarité désespérée qui s'est emparée de moi ne me le permet pas. Je ris parce que je ne comprends pas – pourquoi j'ai frémi lorsque sa main a refermé la mienne autour de sa vorpale cleaver pour la jeter au loin. Je ris parce que cet homme est tout aussi intriguant qu'agaçant, parce que je ne saurais dire de nous deux lequel au juste est la proie de l'autre. C'est un jeu amusant auquel nous jouons – un jeu hasardeux, incohérent, où le ballet des poignards rythme de ses pas de danse chaque mouvement que nous accomplissons. Un jeu tour à tour blessant et exaltant, un jeu périlleux mais passionnant, un jeu où la mort tutoie le destin et où tout peut être gagné aussi facilement que détruit.

Il joue bien.

Je peux au moins lui accorder cela.

J'ai gagné le combat de la patience mais il remportera sûrement celui de la vengeance.

Je n'en ai cure – je me suis bien amusée. Il a su peupler ma solitude de ses tentatives malavisées pendant quelques minutes et je lui dois quelque reconnaissance, mais un reste de prudence me garde toutefois de lui accorder dès maintenant ma confiance. Cet homme respire la perversité, son aura a des relents malsains qui alertent mes instincts de sauvegarde et je veux encore me préserver. Alors je ris, à pleines dents, à gorge déployée, je ris encore, emplissant l'air de ma voix qui soudain se mue en chant. Je sens les flammes ronfler et vrombir dans mon dos, là d'où il m'a tirée de sa poigne de fer qui m'a meurtri le poignet, et je les éveille à l'harmonie de ma mélodie, enchaînant les notes à leur acoustique crépitante. Je chante notre rencontre – je mets sur notre affrontement des mots qui n'existent pas, décrivant les couleurs de sa rage, la violence de ma patience, le combat de nos volontés entre l'ombre et la lumière. Je chante et mes larmes reviennent lorsque j'intègre en quelques notes l'image de mon Chapelier, tant je souffre de son abandon – j'y adjoins néanmoins un brin de curiosité envers cet homme étrange que le destin m'a envoyé. Je chante et je sens que son poing se desserre – je lui échappe d'un bond en arrière alors que le monde se dévoile de nouveau à travers l'écran cristallin de mes larmes. A l'orée de la forêt, ils sont arrivés – les sujets du Chapelier Triste, ceux qui étaient à proximité, ils sont venus là pour défendre l'Ordalie et la ramener dans son foyer. Avant de les rejoindre, néanmoins, je murmure parmi le ronflement caressant des flammes, à la portée de ses seules oreilles, un adieu qu'il ne saura peut-être pas interpréter.

« Pour eux je suis l'Ordalie, mais pour toi je consens à être Soprane. L'un toutefois n'exclut jamais l'autre – tâche de ne pas l'oublier. »

Puis je me dérobe et je m'enfuis, amenant avec moi les autres enfants du Chapelier, retournant vers nos demeures alors que ma rencontre d'un soir reste en arrière, là-bas, avec pour seule compagnie les flammes nées de ma folie que le vent vient éteindre doucement.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
after my blood drown in alcohol
finding wonderland
Invité


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   Mer 12 Sep - 4:51

Mais que quelqu’un me mette une claque dans la tronche ! Ce n’est pas possible, ça ne peut pas se passer ! Mon regard est fixé droit devant moi, dans les flammes et je devine que ma main est en train de s’ouvrir et se fermer dans un tic nerveux. Ne réalisant toujours pas qu’il n’y a plus rien à saisir. Plus rien. Pfiout ! Du vent. Elle s’est fait la malle. Mais comment cela est-il arrivé ? Comment moi, Shadow Scar Seelerk, grand maître des cartes, seigneur redouté de tous ait-pu me laisser berner et duper aussi facilement ? Ne me posez pas la question bande d’imbéciles, je n’en ai aucune idée. Et je dois avouer que ça me met foutrement en pétard. Je jette un regard de biais à ma vorpale cleaver, gisant au sol. Oui ça je m’en souviens. J’ai eu la situation bien en main jusque-là. Autant au sens figuré qu’au sens propre. Après tout, qui était –elle pour refuser l’aide et la protection du grand roi Seelerk ? Certes, elle ignore ma véritable identité. Mais elle a probablement du deviner l’aura majestueuse qui m’entoure. N’importe qui est capable de remarquer la prestance que je dégage naturellement. Voyant ou pas. Cela n’a rien à voir. Et pourtant…. Elle n’est plus là. Je vous jure que je vais la retrouver et en faire du pâté pour flamant rose. On ne me défie pas impunément. Pour être honnête… je crois bien que je vais m’appliquer avec elle plus qu’avec toutes autres. Des heures et des heures de plaisir intense. Ah elle va apprendre le respect ! Comment ça si je la retrouve ? Mais si vous voulez prendre sa place continuez à me provoquer. N’hésitez pas ! Vous êtes sur la bonne voie.

Je me tire de ma contemplation et vais retrouver mon arme. Chaque mouvement me fait souffrir, mes muscles, ma chair, mes nerfs, chaque partie de mon corps crie à la maltraitance. Mais pour être honnête, je n’en ai rien à faire de m’être fait cramer les sourcils. C’est bien le dernier de mes soucis. Ayant une nouvelle prospective je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil là où je l’ai réellement vue pour la dernière fois. Je dois admettre quelque chose, elle est sacrément forte. Je ne l’ai pas vu venir. J’étais certain d’avoir tout calculé et… ah la vile ! Elle s’est mise à chanter. Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi cela l’a tant aidé. C’est comme si… Non. Je n’ai pas pu « apprécier » ce moment. La musique est bonne pour les faibles, les niais, les porteurs d’Umbrella. Rien que de songer qu’elle m’ait échappé à cause d’un stupide son, j’ai envie de dégobiller sur place. Et pourtant… je crois presque voir mes doigts se desserrer, lui offrant la possibilité de s’échapper. D’un coup de pied rageur je frappe ma vorpale et la lance dans les buissons. Super… il ne manque plus que ça.

Lorsque je relève les yeux, mon arme à la main, je retrouve également autre chose que j’ai égaré en ce début de soirée. Le piou-piou. A croire que c’est plus intelligent que ce que je croyais, à peine m’a-t-il aperçu qu’il commence à paniquer. Heureusement pour moi qu’il a toujours sa laisse autour du cou. Je bondis et l’attrape, le ramenant près de moi. Je le regarde droit dans les yeux et lui fait rapidement comprendre qu’il a tout intérêt à me ramener en deux temps trois mouvements au château s’il ne souhaite pas être mon apéritif de cette nuit.
Je ne peux m’empêcher de tirer sur les rênes au moment où je repasse devant le rocher. Les flammes sont désormais mortes, mais les traces laissées sont belles et bien présentes. Et merde, je ne l’ai pas rêvée cette foutue Soprane. C’est à ce moment-là que me revient en mémoire ses derniers mots avant qu’elle ne s’évapore je ne sais où. Parce qu’il faut qu’elle parle en énigme en plus. Ah elle veut jouer ? On verra bien qui est le plus doué des deux. On verra si elle pourra encore rire quand je lui aurais tranché la tête. Quoi que je me demande si la mort serait la parfaite vengeance. La voir se traîner à mes pieds serait bien plus amusant. Et bien plus utile. Quoi ? Non je ne cherche pas d'excuses ! D'ailleurs venez par là, j'ai le bras qui me démange et je ne souhaite pas rentrer à pattes. Je vous avais prévenu ; plus de remarques...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
after my blood drown in alcohol
finding wonderland


MessageSujet: Re: Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé   

Revenir en haut Aller en bas
 

Sanglante Symphonie [Pv Soprane & Shadow] ♕ Terminé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Hermione Granger ( terminée)
» 101 TH AIRBORNE (Armée terminée en 1 semaine de quickpainting)
» Azur, adorable petite boule de poils bleue. (Terminé. )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-