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 "Poison" ♜ Cueilliez dès maintenant les roses de la vie car jamais le temps ne suspend son vol et cette fleur qui s'épanouit aujourd'hui, demain déjà sera flétrie. [fiche refaite]

tick tock, who's there ? well, this is hell for sure !






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after my blood drown in alcohol
finding wonderland
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MessageSujet: "Poison" ♜ Cueilliez dès maintenant les roses de la vie car jamais le temps ne suspend son vol et cette fleur qui s'épanouit aujourd'hui, demain déjà sera flétrie. [fiche refaite]   Lun 8 Oct - 18:28




Lisbeth Aimée "Poison" Godbersen

Out of Mind


"La mort est un miroir dans lequel se reflète l'entière signification de la vie."
- Sogyal Rinpoché

Teintés de flammes ardentes déchirant la beauté du froid, ses yeux observèrent avec une certaine voluptueuse souffrance, le feu danser autour de son corps inerte. Son enveloppe charnelle allait se consumer comme un rien, disparaissant à la vue du monde. Tel un fantôme errant, la fumée s'échappait du massacre pour s'envoler et naviguait près des étoiles scintillantes, observant la fin d'un œil attentif. Elle griffait la vision et engouffrait l'odorat, remplaçant l'odeur gelée de la nature noyée par un effluve répugnant de chair brûlée. Elle s'approcha un peu suivant cette cauchemardesque exhalaison, poussée par une certaine curiosité dévorante. Elle espérait dormir, être bercée par des démons qui la lâcheraient au beau milieu de son lit quand elle réussirait à trouver la lumière. Elle souhaitait trouver la paix entre les songes qui voileraient sa vision où elle trouverait un refuge éphémère. Pour une fois, désirait-elle être une bonne croyante pour que le Père dans son trône en firmament puisse masquer ses yeux et cessait l'affligeante apparition. Les contours du douloureux dessein, malgré l'importante fumerolle, se modelaient lentement faisant durer le plaisir amer du Malin, fondateur de cette infâme perversité. Elle traversa le voile trouble qui s'était battit comme un mur pour lui cacher la vérité. La triste décision du Destin et l'impitoyable acte du Sort, se dessina lorsque finalement le mensonge décida de se sacrifier. Encore une fois, la juste punition lui fut attribuée. Ses lèvres se décollèrent posément, laissant un petit creux sur la bouche de la jeune femme. Ses sourcils se courbèrent d'abattement. Sa tête balança légèrement sur le côté, presque de compassion. Son souffle ralentit. Le craquement du feu résonnait dans sa tête comme un écho venant la hantait sans cesse. Elle resta figée sur place. Elle avait l'impression que son cœur allait tomber et se faire avaler par les entrailles du Néant. C'était comme si un tourbillon à l'intérieur d'elle-même dévastait tout sur son passage. Comme si tout ce qu'elle avait construit s'écroulait devant elle. Ses mémoires envolaient migrer vers les rives gelées de Léthé, ses espoirs crucifiés siégeaient entre les mains du temps et son bonheur vendu en esclave au Damné...Ses yeux, reflétant le supplice de l'âme, scrutèrent la scène tragique d'un éclat nouveau. Ils miroitaient, semblable à des cristaux. L'eau de son fleuve froid, s'était réunie pour trouver la cause de cette destruction et telle une cascade, coula sur les joues pâles et creuses de la belle enfant. Sur leur surface limpide, se réfléchissait l'accusé qui était le carnage. Les flammes impétueuses violaient son corps avec brutalité et dans leur passion exaltées pour le vice, lui mordaient le visage et déchiquetaient sa peau. C'était une monstrueuse boucherie. La chair noirci peu à peu et le cadavre, enchainé au feu, finit par se consumer et faiblir avant de ne s'effacer pour toujours. C'est ainsi qu'elle se rendit compte qu'elle n'était plus rien...Juste un souvenir se matérialisant dans l'esprit des vivants. Elle était morte. Morte dans une souffrance surpassant l'insignifiance de son existence, voué à l’échec. Elle refusait pourtant cette réalité, inconsciente face à la fin. Secouant sa tête d'abord lentement puis plus violemment, elle cria. Cria comme si elle pouvait changer le cours de l'histoire et revenir venger sa vie. Cria se déchirant les poumons et laissant le sang noyer tout ce qui la rattachait à sa destinée. Et même si cette complainte pouvait se loger dans la raison des plus attentifs, ce qui était fait...était fait. Ce fut, donc, dans ce cri de détresse pouvant désarmer les ombres, que tout s'acheva...qu'elle s'envola. Telle de la poussière, le vent la balaya de la surface de la terre. Tels des cendres, elle chevaucha la bise d'hiver et se mêla à la divine lumière de l'astre argenté...