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 [A&L] - Il y a la lumière, tout autour la lumière, la lumière du soir.

tick tock, who's there ? well, this is hell for sure !






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after my blood drown in alcohol
finding wonderland
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MessageSujet: [A&L] - Il y a la lumière, tout autour la lumière, la lumière du soir.   Lun 17 Déc - 20:14

Il y a la lumière, tout autour la lumière, la lumière du soir. Le soleil te prends le côté, quand c’est comme ça, c’est une manière plus douce, les ombres se couchent démesurément, c’est une manière qui a en elle quelque chose d’affectueux – ce qui explique peut-être comment il se fait qu’en général il est plus facile de se croire bon, le soir.
Et pourtant, bien qu’indéniablement elle soit merveilleuse, la lumière du soir, il y a quelque chose qui réussit à être encore plus beau que la lumière du soir, et c’est précisément quand, par d’incompréhensible jeux de courants, caprices des vents, bizarreries du ciel, impertinences réciproques de nuées non conformes et circonstances fortuites par dizaines, une vraie collection de hasards et d’absurdités – quand, dans cette lumière unique qu’est la lumière du soir, inopinément, il pleut. Il y a le soleil, le soleil du soir, et il pleut. Ça, c’est le summum. Et il n’existe aucun homme, fût-il rongé par la douleur ou à bout d’angoisse, qui, devant une absurdité de ce genre, ne sente pas se retourner quelque part en lui une irrépressible envie de rire. Il ne rira peut-être pas, ou pas vraiment, mais si le monde était un zeste plus clément, il pourrait rire. Parce que c’est comme un gag colossal et universel, parfait et irrésistible. A ne pas y croire. Même l’eau, celle qui te tombe sur la tête, en minuscules gouttes prises de biais par le soleil bas sur l’horizon, ne ressemble pas à de la vraie eau. Ca ne serait pas étonnant si en la goûtant on s’apercevait qu’elle est sucrée. C’est dire. En tout cas, de l’eau pas réglementaire. Une générale et en même temps spectaculaire exception à la règle, un pied de nez magistral à toute logique. Une émotion. Au point que parmi toutes les choses qui finissent par donner une justification à l’habitude, sans cela ridicule, de vivre, figure certainement celle-ci, au-dessus même des plus limpides, des plus propres : être là, quand, dans cette lumière unique qu’est la lumière du soir, inopinément, il pleut. Au moins une fois, être là.
LEVIS - ABSOLEM !
Sous la lumière du soir, dans un jardin admirable, où la géométrie la plus subtile bridait l'explosion des couleurs, de toutes les couleurs ; et où la discipline d'une symétrie inflexible réglementait le voisinage entier. Un jardin où le chaos de la vie devenait une figure divinement exacte -dans ce jardin Levis court et appelle, mais il faut se l'imaginer comme la lumière du soir : chaleureux et souriant. Levis a été comme tous, profondément marqué par la mort du Sad Hatter et depuis son passage à l'asile, on croyait qu'il ne serait plus jamais possible de le revoir heureux encore. S'il n'était pas heureux ce soir il n'était pas malheureux pour autant et c'est pourquoi il ne fallait pas l'entendre appeler avec colère, car elle seule serait encore capable de le faire hausser le ton de la sorte, du moins croyait-on, mais ce soir sous la lumière orange, il appelle avec emballement, et un sourire. Oui, c'était ainsi qu'il faut l'entendre dire :
LEVIS - ABSOLEM !
Foulant, fauchant rapidement l'herbe qui étincelle comme le blé et l'or, il la trouve enfin. Allongée dans ce qui semble être une chaise longue et autour d'elle s'élève des volutes bleus et blanches et magiques, tout à coup Absolem devient magique. La fumée de son cigare donne à ses yeux un regard de brume, brillant dans la lumière du soir et sous la pluie soupoudrée, d'un bleu, si bleu et si clair que l'eau du lac elle-même ne saurait égaler, il devient dans la lumière du soir un feu puissant, mais sage. Redressée elle contemple le loin, un ailleurs dans lequel on devine des songes, des chimères, avec ce visage elle contemple l'horizon, ce visage qui semble si profondément et éternellement triste, d'une mélancoloe résignée. Absolem, une si belle et si jeune femme, qui pourtant renferme dans son regard et son sourire, son visage si lisse, toute une vieillesse. Nombre de fois, Levis aurait voulu poser ses mains, vieilles à lui aussi, sur ses yeux et ses lèvres pour ne plus jamais, jamais revoir cela.
A quelques mètres d'elle, alors qu'elle est perdue dans l'ombre de ses pensées, dans l'ombre de ses cigares, dans l'ombre du monde, Levis se laisse tomber à genoux et glisse jusqu'aux pieds de la chaise longue, jusqu'aux pieds d'Absolem. Les mains ouvertes et écartées pour présenter un plan invisible, en souriant il dit, ce sourire qu'on n'a pas vu depuis longtemps, avec ses fossettes et ses torsions, qui rendent ce sourire vrai, ce vrai qui le rend si beau.
LEVIS - Je sais ! Je sais ce qu'on peut faire ! Un chemin de fer ! Un chemin de fer qui traverse Wonderland, sur 200 km, très exactement 200 kilomètres, pas plus ni moins, surtout, pas plus ni moins, parce que sinon... (stop) Son attention s'était perdu, à son tour, ailleurs, alors qu'il savait quelque part, qu'il avait réussi à avoir le sien. Comme toujours, le Loire se perdait, se perdait quelque part dans sa tête, tant et si bien qu'il n'en finissait pas ses phrases. Un jour, Absolem lui avait demandé Mais dites-moi, Levis : il y a t-il quelque chose, au monde, que vous arrivez à finir ? Touchant avec son habituel sagacité d'esprit le coeur du problème. Oui : les conversations désagréables, avait-il alors répondu avant de quitter la pièce. Il avait du talent, on l'a dit, pour les réponses courtes. Un réel talent.
Mais tout ça, c'était avant. Avant cette nuit, qui on ne sait pourquoi les a réunis. Une nuit entière qu'ils ont passée à se redonner vie l'un l'autre, avec les lèvres, avec les mains, une jeune femme qui a trop su et un homme qui a vu trop de choses, l'un à l'intérieur de l'autre - le plus petit bout de peau ayant été un voyage, une découverte, un retour - dans la bouche de Levis pour sentir la saveur du monde, sur le sein d'Absolem pour l'oublier - au creux de cette nuit bouleversante, tempête obscure, étincelles d'écume dans le noir, les vagues comme des échafaudages qui s'écroulent. Sur le ventre de Levis le poids tout blanc de cette jeune femme qui berce des musiques muettes - qui l'aurait jamais pensé qu'en embrassant les yeux d'un homme on puisse voir si loin - qu'en caressant les jambes d'une jeune femme on puisse courir aussi vite et fuir - fuir loin de tout - voir au loin - tous deux venus des points les plus extrêmes de la vie, c'est qui avait été stupéfiant, et dire qu'ils ne se se seraient jamais frôlés sauf en traversant Wonderland de bout en bout, c'est ça qui est merveilleux, la découverte de deux personnes qui auraient pu, jamais, qui auraient voulu, jamais, se trouver et qui pourtant.
LEVIS - Mais ça c'était avant... murmura-t-il, pour lui, avant de se rendre compte qu'il avait pensé à voix haute et de sortir comme d'une léthargie et reprendre : Un train, qui filerait sur 200 km en ligne droite et qui prendrait son début ici. 200 km exactement.
Il était si sérieux Levis ce soir, Levis le Loir qui dort et qui n'est jamais vraiment là. Si sérieux que c'en était malheureux. Pourquoi la voir elle pour ce projet ? Absolem était un être respecté, pour son intelligence et sa perspicacité, mais pourquoi la voir elle ? Pourquoi lui, et elle ? Si cette idée était venue d'un autre, aurait-elle été plus facile ?
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